[Thèse 2017] Margot Ferrand (CIHAM) [Soutenue]

[Thèse 2017] Margot Ferrand (CIHAM) [Soutenue]

👩‍🏫 Doctorante : Margot FERRAND (CIHAM)

📜 Titre : Usages et représentations de l’espace urbain médiéval – Approche interdisciplinaire et exploration de données géo-historiques d’Avignon à la fin du Moyen Âge

🧑‍🤝‍🧑 Équipe d’encadrement :

  • Guido CASTELNUOVO (CIHAM)
  • Didier JOSSELIN (Espace)
  • Simone BALOSSINO (CIHAM)
  • Marc EL-BÈZE (LIA)

🏆 État : Thèse soutenue le 23 janvier 2024

📌 Résumé : Ce projet de thèse présenté à la FR Agorantic vise à rassembler, étudier et communiquer l’ensemble des informations sur la transformation de l’espace urbain de la ville d’Avignon au Moyen Âge, en étudiant les grandes phases de son évolution : la période communale (XIIIe siècle), l’implantation de la papauté au milieu du XIVe siècle et les conditions après le départ des papes à partir du XVe siècle. Le rôle de capitale de la Chrétienté qu’Avignon assume à partir du XIV siècle fait de cette ville un cas d’étude particulièrement intéressant, aussi bien par sa rapide évolution, que par l’hétérogénéité de son organisation topographique, politique et sociale. Or, concentrés sur l’organisation des offices de la Papauté, les historiens ont souvent négligé les interactions entre la Curie pontificale et la ville ainsi que les modifications induites par cette présence dans une ville, somme toute, de dimensions modestes. Ce travail aborde un sujet qui a été négligé par l’historiographie traditionnelle et notamment l’impact de la papauté sur la croissance urbaine e les dynamiques de spatialisation de la population. Il devra être réalisé en rassemblant, étudiant, analysant et communiquant l’ensemble des informations utiles à comprendre les transformations des espaces urbains par le biais d’un système d’information géographique. L’utilisation de cet outil permettra d’associer différents types d’information dans un espace géolocalisé, nonobstant les spécificités des sources relatives à l’espace médiéval nécessitent des méthodes adaptées (notamment la définition des parcellaires anciens avant la réalisation des premiers cadastres). Il est donc indispensable que le travail classique de recherche (études documentaires, enquêtes de terrain, sélection du matériel archéologique, capitalisation des données historiques, analyse des donnes iconographiques modernes ou contemporaines) soit couplé avec un géoréférencement systématique des informations historiques. Une attention particulière devra être apportée aux sources. Les sources narratives, documentaires, iconographiques et archéologiques déjà connues, ainsi que les études d’historiens, devront être capitalisées pour fournir les informations de base, nécessaires à l’étude. On privilégiera dans le cadre de ce travail les sources éditées et connues, qui permettent d’avancer rapidement dans l’étape de recherche des informations. Une méthode associant à parts égales l’analyse parcellaire, l’analyse des textes et la recherche des éléments anciens conservés dans le bâti actuel, conduit à une reconstitution historique détaillée des transformations qui ont marqué la croissance ou la décroissance de la ville objet d’étude. En raison de la masse de documents disponibles, parfois considérable, il est nécessaire d’associer les techniques de lecture et de compréhension des documents médiévaux aux systèmes d’informations, grâce à l’utilisation d’outils collaboratifs et des plates-formes de diffusion ou d’archivage. Toutes les données de type géographique, c’est-à-dire celles qui décrivent d’une manière ou d’une autre une portion du parcellaire ancien, devront en effet être mises en relation dans la mesure où elles ont toutes un point commun, qui est l’espace qu’elles décrivent. Au-delà de l’étude historique, le/la candidat(e) devra travailler à la conception d’un ou plusieurs outils permettant d’accéder facilement aux informations et de visualiser des cartes liées à l’histoire, à la topographie et à l’architecture urbaine. Il/Elle devra également trouver des solutions innovantes afin de construire un système d’extraction de données et de production de cartes en fonction des questions historiques qui seront posées. Une partie non négligeable de la thèse consistera enfin à réfléchir aux différentes formes de médiations de ce patrimoine ainsi redécouvert afin d’en faire profiter les usagers de l’espace urbain par le biais d’applications cartographiques ou de diffusion mobile, en croisant un niveau d’information qui va des dossiers documentaires complets aux connaissances de base sélectionnées pour le grand public. Bien que le libellé « Secteur Sauvegardé », voulu par la Ville et l’État depuis 1991, ait procédé à une meilleure connaissance des espaces publics anciens, aucun programme d’inventaire géoréférencé du patrimoine urbain n’a jamais été réalisé.