[Symposium] 7e Symposium Agorantic – 10 décembre 2021

[Symposium] 7e Symposium Agorantic – 10 décembre 2021

Projets POLI-APP ; Ville augmentée, ville diminuée ; Oeno-M-Tourisme « Figures numériques des patrimoines : sous les signes les stratégies »

Par Lise Renaud & Allison Guiraud (CNE) ; Guillaume Marrel & Ouassim Hamzaoui (LBNC) ; Nicolas Navarro (ELICO)

L’effervescence médiatique autour des dispositifs numériques d’aide à la visite et à l’interprétation patrimoniale depuis plus de 10 ans donne à penser que l’expérience patrimoniale se voit profondément transformée par l’usage de nouveaux outils au cours de la visite. Or la mise en oeuvre de projets de recherche Agorantic portant sur l’étude de divers outils de médiation patrimoniale (applications de visite de ville, d’oenotourisme ou de reconstitution numérique de monuments) a permis de confirmer l’intérêt de décaler la focale des études de réception ou d’usage vers les stratégies de conception. Trois processus concomitants seront ainsi présentés durant cette communication : l’instrumentalisation de l’image et des valeurs de la culture et des patrimoines, l’hybridation des secteurs marchands et non-marchand, et l’opérativité socio-symbolique des discours de la promesse.

 

Projet DataTour « En quête d’open data »

Par Gaël Depoorter (LBNC) & Eloi Flesch (CNE)

Le projet DataTour vise à renforcer et préciser les connaissances disponibles sur la construction et
les effets de l’État hubérisé. Il cherche à contribuer à une meilleure compréhension de l’ancrage des
politiques d’open data. À cette fin nous nous focalisons sur le hub des données touristiques. Pour
observer, décrire et analyser l’émergence et le déploiement de l’open data dans le milieu touristique
nous procédons à une « ethnographie de la data » en tenant l’analyse depuis les pratiques des
acteurs de terrain jusqu’à la plateforme datatourisme.gouv.fr. Il s’agit donc d’étudier l’État hubérisé
au concret, de confronter la production discursive de l’État plateforme à la réalité des pratiques.
En réalité point d’open data chez les petites mains qui saisissent la donnée ! La data (publique) ne
nait pas open mais le devient en dernière instance et dans une version appauvrie. Entre une
information sur un territoire et son intégration dans la plateforme nationale datatourisme.gouv.fr
s’imbriquent une multitude d’enjeux politiques, économiques et juridiques ainsi qu’une succession
de médiations sociales, discursives et sémiotiques qui impactent les données. L’État est alors
tributaire des enjeux et des médiations qui se jouent aux échelons locaux, départementaux et
régionaux. De manière assez contre-intuitive il a de ce fait bien des difficultés à exercer son autorité
sur la donnée publique et à concrétiser sa promesse d’ouverture de ces données. Notre
communication se propose donc de livrer les premières analyses qui s’appuient sur la dimension
locale de l’enquête. Nous nous proposons ainsi de remonter le parcours de la donnée en rendant
visible les enjeux qui s’y croisent.

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Projet THEAV_CB21 « Théâtre et Virtualité »

Par Cyrielle Garson (ICTT) & Pauline Grison (CNE)

La crise du Covid-19 a mis en lumière l’absence d’un plan de secours dans le domaine des arts du
spectacle. Ce contexte est favorable à la justification d’un investissement massif dans les technologies
numériques comme la « réalité virtuelle », à même d’assurer une forme de continuité pour le
spectacle vivant. Le partenaire est « Livr » une entreprise londonienne de « théâtre VR » qui utilise
la technologie de réalité virtuelle pour diffuser les spectacles.
L’objectif principal de ce projet transfrontalier (Avignon, Londres, Édimbourg et Vienne) en lien avec
une innovation technologique – la « Rosebox » – est essentiellement d’utiliser cette technologie
immersive pour ouvrir l’accès à l’art à travers les frontières. Cette technologie est dite « immersive »
car elle permet, selon Livr, de recréer pour le cerveau humain l’impression d’être au théâtre. En
s’associant à des expérimentations transfrontalières, Avignon Université serait ainsi en mesure de
mieux comprendre les enjeux de ce genre d’écriture théâtrale (différence avec la retransmission
télévisuelle et les captations théâtrales conventionnelles, expérience pour les spectateurs etc.)

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Projet ESMALI « Esthétique en mathématiques dans les Arts et la littérature »

Par Thierry Barbot (LMA) & Philippe Michelon (LIA)

La question de l’esthétique, même si problématique et non résolue, est notoirement centrale dans
l’étude des Arts et de la Littérature comme activités culturelles. Le projet ESMALI, partenariat entre
le LMA et l’ICTT, et porté par T. Barbot et M. Gonzalez, se propose de transposer cette interrogation
dans le cadre des mathématiques. Nous présenterons notre problématique et les actions prévues,
pour explorer la question esthétique en Mathématique, illustrée par les actualités plus ou moins
récentes.

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Projet GIALMA 1 et 2 « Développement durable territorial et écosystème territorial durable : Le prolongement d’une analyse automatique basée sur LDA. »

Par Patrick Gianfaldoni (LBNC)

Le projet GIALMA (2022), réalisé dans le cadre d’un programme de trois années financé par le
Fonds de dotation LUMA Arles, s’inscrit dans une recherche-action ayant pour objet l’identification
des acteurs de l’économie sociale et solidaire au croisement du développement territorial et de la
durabilité territoriale. La démarche de cette première phase a consisté à effectuer 6 entretiens
semi-directifs (sur les 36 calibrés et enregistrés), à retranscrire 20 entretiens et à traiter l’ensemble
par une méthodologie basée sur LDA (Latent Dirichlet Allocation), afin de cibler les thématiques
principales ressortant de l’enquête. Le traitement est en cours. Le projet GIALMA2 consiste à
élargie l’échantillon des entretiens à des structures de l’action sociale, afin de rendre plus pertinent
le croisement d’une analyse socioéconomique qualitative et un traitement quantitatif portant sur
l’analyse de texte retranscrit, avec pour finalité de proposer un diagnostic sur la préfiguration d’un
écosystème territorial durable.

 

Projets WikiRNE & WikiPol « E-réputation et astroturfing politiques. Les candidats et les élus de France dans Wikipédia depuis 2001 »

Par Guillaume Marrel (LBNC) & Pierre Jourlin (LIA)

La proposition de communication explore la médiation numérique du travail de représentation
biographique des candidats et des élus lors des campagnes électorales en France, à travers les pages
personnelles et politiques de l’encyclopédie libre et collaborative Wikipédia. L’étude vise à identifier
et analyser les propriétés socio-politiques des élus de France qui disposent d’une biographie dans
cette base de référence, ainsi que les conditions de production et de mise à jour de ces récits et de
leurs contenus, dans un espace en ligne de régulation et de surveillance relativement inédites,
qu’apprennent à manipuler avec plus ou moins de succès les acteurs du champ politique.

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Projet MITO « Le Mythe d’un marché immobilier Transparent grâce à l’Open Data »

Par Guilhem Boualy (ESPACE), Delphine Blanke (LMA) & Richard Dufour (LS2N)

Début 2019, la DGFiP (Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance) a ouvert l’accès à la
base DVF (Demande de Valeurs Foncières) qui recense l’intégralité des transactions foncières et
immobilières de France, qualifiées par plusieurs variables (date, montant et régime juridique de la
transaction, caractéristiques et localisation du bien, etc.). Dans un contexte de tension durable des
marchés immobiliers, cette ouverture des données a été saluée par le gouvernement comme un
moyen d’accroître la transparence des marchés et d’en tempérer les prix. Les deux hypothèses de
MITO remettent en cause ce discours : l’ouverture des données aurait surtout alimenté la croissance
de nouveaux secteurs économiques (notamment les start-ups de la proptech) et la difficulté de
manipulation de DVF rendrait les citoyens captifs des traitements méthodologiquement opaques
effectués par la proptech. Ces hypothèses seront testées par des méthodes mixtes et
pluridisciplinaires : exploration des données échangées sur Twitter et des réseaux qu’elles signalent,
entretiens auprès des usagers de l’open DVF et analyse des biais statistiques liés à l’agrégation des
données.

 

Projet Fake-News « Fake-news et atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation »

Par Guillaume Champy ( LBNC)

La lutte contre les Fake News prend aujourd’hui une nouvelle dimension, avec le Décret du 13 Juillet 2021, instituant l’Agence gouvernementale VIGINUM (placée sous l’autorité du Secrétariat Générale de la Défense Nationale) et défini comme un « service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères» (article 2 du Décret susvisé). Les Fake News ainsi indirectement visées, sont définies aux termes du neuvièmement de l’article R 1131-3 du code de la défense, comme : « allégations ou imputations de faits manifestement inexactes ou trompeuses de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation » au moyen d’une « diffusion artificielle ou automatisée, massive et délibérée, par le biais d’un service de communication au public en ligne » (article R 1132-3 9e du Code de la Défense modifié), de telles allégations ou imputations devant nécessairement émaner « d’un état… ou d’une entité non étatique étrangère. ». Une telle définition juridique transcendant toutes les autres, déjà largement évoquées à l’occasion d’un récent Colloque Avignonnais (Conférence Internationale Fake News Avignon 24 et 25 Juin 2021) pose la question de la délimitation de son contenu, en termes juridiques mais aussi en info com et en informatique. Nous travaillerons en partenariat avec le Centre de Recherche pluridisciplinaire de l’Ecole Nationale des Officiers de la Gendarmerie Nationale.